Une initiative irréalisable

Dimanche, 20 septembre 2020 à 21:13:54
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L'aéroport international de Pékin- Daxing était vide par rapport à l'époque précédant l'épidémie de Covid-19 en Chine. Photo : CNN.

Nhân Dân en ligne - Étant l’un des secteurs les plus touchés par la pandémie du COVID-19, la croissance du tourisme mondial devrait chuter de 57 % cette année. Afin de relancer « l’industrie sans fumée », de nombreux pays ont essayé detrouver une solution de repli et le concept de « bulle de voyage » a été lancé pour créer des espaces de voyage entre deux ou plusieurs pays qui enregistrent de faibles infections locales au COVID-19.

Le tourisme est considéré comme un secteur important qui génère des revenus stables, mais en raison de l’impact de l’épidémie de COVID-19, au cours des cinq premiers mois de 2020, le nombre de touristes internationaux a diminué de plus de 50 %. Cela a causé des pertes estimées à 320 milliards de dollars et a impacté directement environ 120 millions d’emplois.

L’imposition de contrôles aux frontières a fortement réduit la demande pour le tourisme outre-mer. La situation pourrait perdurer jusqu’en 2024. Cela reflète l’impact économique de l’épidémie et le sentiment négatif persistant sur l’industrie du tourisme international, y compris pour les voyages d’agrément et d’affaires.

Bien que toutes les régions du monde aient connu une forte baisse du nombre de visiteurs, les destinations en Amérique du Nord devraient connaître la plus forte baisse (70 %), suivies par l’Asie-Pacifique (57 %) et l’Asie du Nord-Est en troisième position.

La perte économique pour l’industrie sans fumée est très importante. Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) prévoit que la pandémie pourrait coûter près de 230 milliards de dollars au secteur touristique en Amérique latine.

En Europe, quant à lui, le tourisme transfrontalier pourrait baisser d’environ 56 %, malgré les efforts de réouverture des frontières et de promotion du tourisme dans plusieurs pays. L’industrie touristique italienne a perdu 100 milliards d’euros, soit plus de 6 % de son PIB à la fin de l’année dernière. Bien que l’Italie ait assoupli les restrictions depuis mai, le nombre de visiteurs n’est pas reparti à la hausse.

En Asie, les revenus du tourisme de la République de Corée du Sud, au deuxième trimestre de 2020, n’ont atteint que 1,19 milliard de dollars, soit les plus bas depuis 17 ans, en baisse de 78,6 % par rapport à la même période de l’an dernier. Le nombre de visiteurs au Japon en juillet a diminué de 99,9 % par rapport à la même période de l’année dernière en raison d’une interdiction d’entrée pour les citoyens de plus de 140 pays et territoires.

De nombreux « paradis touristiques » ont connu une saison très différente en l’absence de touristes internationaux et ont plutôt servi une majorité de touristes nationaux. L’industrie du tourisme en Afrique du Sud était en état de choc, car en juin, le revenu total du secteur de l’hébergement touristique a chuté de 95,3 % par rapport à la même période de l’année dernière, soit la plus forte baisse jamais enregistrée. L’Afrique du Sud subit donc de lourds dommages économiques, car les visiteurs internationaux rapportent généralement environ 6,87 milliards de dollars de revenus annuels. Dans le même temps, les stations balnéaires de luxe en France, autrefois considérées comme des « aimants » pour les touristes internationaux, sont désormais remplies de touristes domestiques en raison des politiques de relance du tourisme intérieur.

Bien que de nombreux pays commencent à rouvrir leurs frontières, il reste encore de nombreuses difficultés afin de trouver un équilibre entre la lutte contre la maladie et la restauration du tourisme. Pour réduire les dommages économiques, le concept de « bulles de voyage » a été initié avec l’idée d’ouvrir les frontières entre certains pays ou territoires, entre lesquels les touristes seront autorisés à voyager avec une période de quarantaine minimale s’ils viennent d’une zone où l’épidémie a été maitrisée.

Cependant, cette idée s’est effondrée en raison de la résurgence de la maladie dans de nombreux pays. La première « bulle de voyage » en Europe, mise en place en mai par l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, a pris fin après l’annonce récente par la Lettonie d’une disposition de quarantaine obligatoire de 14 jours appliquée à tous les ressortissants d’Estonie pour prévenir le risque de cas importés de COVID-19.

L’épidémie a ressurgi à la fin de l’été dans les pays de l’Union européenne (UE), affectant la création d’un espace de voyage commun entre certains pays de l’UE.

Les hauts responsables du tourisme de la sous-région du Grand Mékong ont récemment convoqué le premier sommet « Destination Mékong » par vidéoconférence, pour discuter des moyens de restaurer le tourisme pendant et après la crise du COVID-19. La Thaïlande a lancé un concept de « bulle verte du voyage » sur une base bilatérale ou trilatérale au cours de la réunion, et en cas de succès, il pourrait être étendu à un niveau multilatéral. Cependant, la Thaïlande a arrêté ce plan en août, lorsque le nombre d’infections par jour a augmenté dans de nombreux pays asiatiques.

En tant que secteur économique important, fournissant des moyens de subsistance à des centaines de millions de personnes dans le monde, le développement du tourisme durable est l’objectif principal afin de sortir l’industrie touristique de cette crise. Cependant, le développement du tourisme doit encore aller de pair avec un travail antiépidémique pour s’assurer que la santé publique n’aura pas à « en payer le prix », dans le contexte de la pandémie qui continue de se développer de manière critique.

NHÂN DÂN