Le Nouvel An lunaire des étudiants vietnamiens à l’étranger

Dimanche, 26 janvier 2020 à 23:02:01
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Des étudiants vietnamiens au Japon fêtent le Nouvel An lunaire. Photo : CTV/CVN.

Nhân Dân en ligne - Durant leurs études dans de nombreux pays à travers le monde, les jeunes vietnamiens essaient toujours d’accueillir au mieux le Nouvel An lunaire, symbole culturel très fort qui leur permet de se tourner vers leur pays natal.

Vuong Linh, jeune chercheur en doctorat à l’Institut de technologie de Californie (Caltech), n’a pas fêté le Têt chez lui à Hanoï ces dix dernières années du fait de ses études à l’étranger. Les universités américaines n’ont pas de vacances pour le Nouvel An lunaire. Malgré tout, Vuong Linh et ses amis vietnamiens veillent à suivre les traditions du Têt. Ils achètent dans les épiceries vietnamiennes le banh chung (gâteau de riz gluant de forme carrée, spécialité du Nord du Vietnam) et le gio lua (pâté de viande de porc pilée). Les filles, de leur côté, font des nems et quelques autres plats typiques du Têt. Ils se réunissent tous chez une personne du groupe : le vin (au lieu de l’alcool de riz) est posé sur la table et tout le monde trinque pour le Nouvel An lunaire !

La communauté vietnamienne de l’Université de Colgate à Hamilton, dans l’État de New York, ne fait pas exception. Les étudiants organisent un dîner de fin d’année avec des plats qu’ils cuisinent eux-mêmes. Ils invitent aussi des amis étrangers à fêter avec eux le réveillon. Dans les chambres bien décorées, l’atmosphère du Nouvel An lunaire est bien là : convivialité, joie, vœux, avec une pointe de nostalgie car la famille est bien loin…

“Ces dernières années, le soir du réveillon, je surveillais ma montre pour téléphoner à mes parents au Vietnam pile au moment du passage à la Nouvelle Année. Cette année, le réveillon tombera un dimanche et je serai libre d’organiser mon programme de la journée. Une connexion sur Skype avec mes parents permettra de vivre ensemble ce grand moment et de réchauffer mon cœur”, souligne Lê Châu, étudiante à l’Université de Colgate.

Préparation des plats du Têt

En Australie, Nguyên Hai Yên, étudiante de l’Université de Melbourne, a appris à cuisiner le banh chung elle-même grâce à des tutoriels sur YouTube.

“Chaque printemps à l’occasion du Têt, l’atmosphère est joyeuse et tout le monde se prépare à rentrer chez soi pour retrouver sa famille. Les étudiants vietnamiens à l’étranger comme moi l’accueillent différem-ment”, confie-t-elle.

Bien que Hai Yên soit arrivée en Australie quand elle était très jeune, elle garde en mémoire une profonde impression du Têt, en particulier des banh chung et banh tét (gâteau de riz gluant de forme cylindrée, spécialité sud-vietnamienne) qui sont indispensables à la fête. “J’ai cherché des vidéos en ligne et des articles sur la fabrication du gâteau. Et j’ai réussi !”, raconte avec fierté Hai Yên.

Étudiante au Japon, Dang Thuc Minh Yên, ancienne vice-présidente de l’Association des jeunes étudiants vietnamiens dans ce pays, a réussi cette année à aménager son emploi du temps pour rentrer au Vietnam et célébrer le Têt en famille.

“L’année de mon arrivée au Japon, je n’ai pas pu rentrer chez moi pour le Nouvel An lunaire. Le soir du réveillon, avec les autres étudiants vietnamiens, nous nous sommes réunis pour cuisiner des vermicelles, des +nems+ et nous avons suivi sur Internet l’atmosphère du Têt au Vietnam”, partage Yên.

“Il n’y a pas eu de feux d’artifice cette année-là. Le calme régnait. Heureusement, mes amis étaient avec moi, alors je ne me suis pas sentie seule ni nostalgique. Cette année, j’ai la chance de retrouver ma famille à Hanoï”, confie-t-elle avec joie.

Ly Tuân Nam, thésard à l’Université d’agriculture et de technologie de Tokyo, à Kogane, n’aura quant à lui pas la chance de retourner au Vietnam. “Je regrette de ne pas avoir réussi à arranger mon programme pour rentrer chez moi. Pendant les jours précédant le Têt et voyant sur Facebook mes amis nettoyer leur maison ou faire du +banh chung+, j’ai toujours un peu le mal du pays”, dit Nam.

Ce thésard raconte qu’au Japon, le Nouvel An lunaire n’est pas un jour férié. Tout le monde va au travail normalement.

“Par conséquent, les étudiants comme moi, nous rassemblons généralement le soir du réveillon pour préparer le repas : des +nems+, de la soupe de vermicelles et de jeunes pousses de bambou. Nous achetons des +banh chung+ et +gio lua+ dans les épiceries vietnamiennes”, informe Nam.

“Après la préparation du repas, tout le monde mange et bavarde jusqu’à l’heure du réveillon à Hanoï. Alors, chacun s’installe dans un coin pour appeler sa famille et lui souhaiter une bonne année. Et le lendemain, on va au travail comme d’habitude”.

Des étudiantes vietnamiens de Rennes en "ao dài" traditionnel. Photo : SVREN/CVN.

L’ao dài mis en valeur

Dans les pays occidentaux, les vacances de Noël et du Nouvel An dépendent du calendrier solaire. Elles sont considérées comme les vacances les plus longues de l’année, alors que durant la période du Têt, tout le monde doit travailler ou aller à l’école normalement. “Cela fait six ans que je n’ai pas fêté le Têt à Hanoï”, regrette Giang Ngân, étudiante de l’Université Libre de Bruxelles (ULB).

Mais Ngân ne se sent pas seule. Elle participe aux activités de célébration du Têt organisées par l’Union générale des Vietnamiens en Belgique pour laquelle elle donne des représentations de danse et des défilés d’ao dài (tunique fendue traditionnelle des Vietnamiennes).

En France, à Rennes, des étudiants vietnamiens ont porté la tunique traditionnelle vietnamienne pour faire des photos du Nouvel An lunaire. Ces jeunes gens, garçons et filles, vêtus de l’ao dài arpentant les rues, ont attiré les regards admiratifs des Rennais. Ils sont les fiers représentants de la culture vietnamienne auprès des amis internationaux. Les Français, grands amateurs de mode, ne tarissent pas d’éloges sur l’ao dài vietnamien.

Nguyên Phan Bao Thuy, vice-président de l’Association des Étudiants vietnamiens en France (UEVF), déclare que le Têt est un jour de retrouvailles familiales, mais pour les étudiants internationaux en Europe, et en France en particulier, il s’agit d’une période de préparation aux examens semestriels. Il leur est donc difficile de rentrer chez eux à cette époque de l’année.

“Pour nous, l’UEVF est vraiment comme une deuxième maison. Dans ce pays lointain, nous essayons toujours d’instaurer pour tous les étudiants l’atmosphère du Têt la plus authentique possible. Depuis fin octobre, les divertissements sont minutieusement préparés, mettant à profit chaque week-end pour se retrouver et répéter”, souligne Nguyên Phan Bao Thuy.

La communauté estudiantine vietnamienne en France, forte de plus de 7 000 personnes, a permis aux Français, en particulier les jeunes, de découvrir la culture vietnamienne. Ils sont de véritables “porte-drapeaux” de leur pays, fiers et conscients de l’importance de faire bonne figure.

“Grâce aux événements que nous avons organisés au fil des ans (danse du dragon, confection de banh chung, de banh tét, défilés d’ao dài, expositions photos, etc.), les Français comprennent mieux le Têt vietnamien, cette fête traditionnelle à la fois passionnante et unique”, affirme Nguyên Phan Bao Thuy.

CVN/NDEL